Le candidat du made in France a échoué à se qualifier au second tour de la primaire de la gauche. Avec 17,58 % des suffrages exprimés, il se place derrière Manuel Valls 31,90% et Benoît Hamon 36,63%. 

Alors que les estimations des résultats se chuchotent une femme lâche « on a compris, on a perdu ». Les mines défaites, résignées rencontrent les questions des journalistes dans le petit QG de campagne d’Arnaud Montebourg. Entre eux, les militants posent les pourquoi de la défaite. « Comme Alain Juppé, Arnaud a fait une campagne présidentielle. Il n’a peut-être pas assez parlé aux électeurs de gauche » s’interroge un élu. L’ancien ministre de l’économie est parti en campagne à la fin août avec en ligne de mire François Hollande. Dans ses attaques contre le chef de l’Etat, il avait maladroitement invité les électeurs de droite « à battre le président de la République avec (s)a candidature. » Le renoncement du président à briguer un second mandat a fait voler en éclat l’un des ces arguments phares.

Benoît Hamon, sous-estimé 

Son emphase et ses thèmes de prédilection : made in France, démondialisation, VIe République… n’auront pas suffit à séduire les électeurs de cette élection. « On ne s’est pas assez méfié de Benoît Hamon, il aurait dû l’attaquer plus tôt, plus fort » regrette un militant alors qu’un autre remet en cause le principe même de la primaire. Tous deux partis du gouvernement après l’épisode de la fête de la rose en 2014, ils ne se sont toisés que tardivement dans la campagne. Accompagné d’Aurélie Filippetti, Arnaud Montebourg fait un passage éclair dans ses locaux du 15e arrondissement. Dans son discours il « se réjouis que les électeurs aient massivement et sérieusement condamné le quinquennat »  avant d’appeler à voter pour Benoît Hamon au second tour de la primaire.

« Je ne voterai pas pour Benoît Hamon »

Alors que les porte-paroles confirment la consigne de vote, certains soutiens se refusent à cette alternative. « Je ne voterai pas pour Benoît Hamon et il y a fort parier que beaucoup de ses sympathisants non plus » confie un élu proche d’Arnaud Montebourg. Pour lui, Benoît porte des propositions « irréalisables ». « Les électeurs d’Arnaud vont de Jean-Luc Mélenchon à Emmanuel Macron, le report de voix ne sera pas automatique » prédit-il. Quelques militants confient qu’ils n’iront pas voter au second tour de la primaire. Même si Arnaud Montebourg n’a pas donné de détails sur la suite de vie politique, certain pense déjà au coup d’après. « Mieux vaut qu’il se retire maintenant. Il aura plus de chance dans cinq ans » veut croire une militante.

@lnaberkaoui

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