« Revenu universel », « revenu de base » ou « revenu décent ». L’énoncé de cette réforme diffère mais promet de réformer le système en profondeur. Quels sont les enjeux visés par les élus politiques ?

Une poignée de personnalité politique défend le revenu universel. Le concept est ambitieux : verser une somme fixe mensuelle à tous les citoyens, sans condition. La majorité de la classe politique qualifient ce projet « d’irréalisable ». Benoît Hamon et Jean-Luc Bennahmias, candidats à la Primaire de la Belle Alliance populaire, inscrivent ce revenu universel dans leur programme.

Un revenu universel

 

Le député des Yvelines prévoit de l’instaurer en plusieurs étapes s’il est élu. Dans un premier temps il sera équivalent au RSA (revenu de solidarité active) soit 524 euros. Il passera à 750 euros une fois le processus lancé et expérimenté. Benoît Hamon explique la nécessité de transformer le système : « Le Revenu Universel est la protection sociale de demain, la raréfaction du travail rend le système actuel obsolète », déclare-t-il sur le réseau social Twitter. Cette mesure aura pour but de « renforcer, et non pas réduire la protection sociale des Français », argue Benoît Hamon.

Un foyer sur deux allocataires ne touche pas le RSA. Ségolène Neuville, secrétaire d’Etat à la Lutte contre l’exclusion, estime cette perte mensuelle à 249 euros par famille. Le revenu universel mettrait fin au problème du non-recours au RSA. Benoît Hamon présente ce dispositif comme un moyen de redonner de l’autonomie aux individus face à « la précarisation de l’emploi et à la montée en puissance du travail indépendant ».

Jean-Luc Bennahmias voit dans le revenu universel un moyen de pallier aux imprévus de la vie professionnelle. En plus de permettre de se former tout au long d’une carrière. Une fusion de tous les minima actuels en une seule prestation de près de 850 euros par mois.

 

Revenu sous modalité

Manuel Valls a contribué à l’émergence de cette mesure dans le débat public en France en septembre dernier. L’ex-Premier ministre prend ses distances avec le concept du revenu universel en proposant un « revenu décent ». Il veut garantir un revenu attribué à tous les adultes sous condition de ressources. « Les risques de la vie ne sont plus les mêmes : multiplication des emplois à temps partiel, contrats courts, épisodes de chômage, dans une économie qui ne connaîtra plus les taux de croissance du passé », explique-t-il.

L’ancienne candidate des LR, Nathalie Kosciusko-Morizet, a défendu contre tous « le revenu de base » lors de la Primaire la droite. Une somme versé à tous les citoyens pour remplacer le RSA et l’ASS (Allocation de Solidarité Spécifique) versée aux chômeurs en fin de droit. Ce procédé annihilerait la désincitation à la reprise du travail pour les allocataires. « Il permet surtout que le travail paye : le retour à l’emploi ne donne pas lieu à la suppression du revenu de base, ce qui est plus incitatif », déclarait-elle dans une interview aux Echos. Elle estime qu’un tel revenu de base réduirait la grande pauvreté plus que diminuer les inégalités.

Le revenu universel et le « revenu décent » reste des sujets phares de la primaire à gauche.

Audrey Yemo

 

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