L’idée d’accorder un montant de base pour tout le monde, sans distinction de classe sociale, ne fait pas consensus chez les socialistes. Les candidats à la présidentielle (primairistes ou non) ne manquent pas de s’écharper sur le sujet.

« La question n’est pas de savoir s’il y aura un jour un revenu universel, il y en aura un. » C’est ce qu’affirme Benoît Hamon, candidat à la primaire de la gauche, au Monde le 4 janvier. De même pour Charlotte Marchandise – candidate du site LaPrimaire.org – et Yannick Jadot – candidat écologiste – qui soutiennent avec force ce projet. Jean-Luc Bennhamias prône lui aussi un revenu universel inconditionnel « couplé avec une sécurité sociale professionnelle » comme annoncé en août dernier au Figaro.

Une certitude non-partagée par leurs comparses. Pour Arnaud Montebourg, l’un de ses rivaux, la réforme est « irréalisable ». Aurélie Filipetti, soutien du candidat, soulignait dans le Journal du dimanche que cette mesure « pouvait vite devenir très libérale ». Une inquiétude basée sur le soutien de plusieurs personnalités de droite à cette réforme, dont Nathalie Kosciusko-Morizet – la plus libérale des sept concurrents à la primaire de la droite selon le think tank libéral Génération Libre. Vincent Peillon, lui, se dit « philosophiquement opposé » à cette idée lors d’une interview sur BFMTV ce lundi.

Manuel Valls, lui, occupe une position plus ambiguë. Lors d’une cérémonie en hommage à Michel Rocard, le 18 avril, il s’est illustré d’une contradiction. S’il s’était prononcé pour le revenu universel, il en a ensuite donné une définition alambiquée : « Pas une allocation versée à tous, y compris à ceux qui disposent de revenus suffisants – cela serait coûteux, et n’aurait aucun sens –, mais une allocation ciblée, versée à tous ceux qui en ont vraiment besoin. » Pas vraiment universel. Après l’annonce de sa candidature à la primaire, il a corrigé le tir en parlant de « revenu décent », attribué aux personnes dans le besoin et recherchant un travail.

Le prix du revenu

Le montant de l’aide varie selon les candidats : Benoît Hamon voudrait « 750 euros », Manuel Valls « entre 800 et 850 euros ». Le site LaPrimaire.org s’interroge dans une infographie : « 400 euros ? 800 ? 1 200 ? » La candidate n’en dit pas plus pour l’instant. Pour le Mouvement Français pour un Revenu de Base (MFRB), le montant de la bourse « dépendra largement de rapports de force politiques et des prestations qu’il remplace ». Si par exemple le revenu universel remplace le RSA, il aura un montant tout aussi élevé. Mais s’il englobe les allocations chômage, il devrait s’élever à 1000 euros. Dans tous les cas, il devra être « aussi élevé que possible ».

Quel financement pour le revenu universel ? Entre 300 et 460 milliards d’euros ; exorbitant, pour ses détracteurs. Arnaud Montebourg affirme que cela coûterait « la totalité du budget de l’État ». Vincent Peillon trouve que la démarche « n’a aucun sens du point de vue financier ». Benoît Hamon, lui, cherche à rassurer : la réforme ne se ferait pas d’un coup, mais par paliers. D’abord une « revalorisation et la distribution automatique des minima sociaux […] et leur attribution aux 18-25 ans. », puis une généralisation progressive pour les revenus de « moins de 2000 euros » avant de toucher la population entière.

Floréane Marinier

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