Le revenu universel plane sur la primaire de la gauche. Dans ses différentes variantes cette mesure a la particularité de poser la question du travail avec un grand T. Après le tumulte de la loi El Khomri, une partie de la gauche dépoussière ses fondamentaux.

Le revenu de base prend ses racines dans l’esprit de Thomas Paine. Acteur des  révolutions américaine et française, le philosophe prône le revenu de base dans un traité sur la Justice agraire (1797). Il préconise que chaque adulte mâle reçoive un terrain à sa majorité. Fruit d’une réflexion sur le droit de propriété et la notion de « droit naturel » à accéder aux produits des exploitations. Chez les libéraux, le revenu de base vise un tout autre objectif. L’économiste ultralibéral Milton Friedman a défendu l’idée d’un « impôt négatif. » L’État distribue un chèque au-dessous d’un certain seuil de revenus, mais en échange de la disparition de tous les autres revenus sociaux.

Les héritiers de Thomas Paine veulent éradiquer la pauvreté et définir un nouveau rapport au travail et au temps libre. Instrument d’émancipation, le revenu de base se veut un moyen de subsistance. Et ne pas être dépendant du travail, dans une société qui ne peut en proposer à tous.

À l’assaut du Travail

Contrairement aux débats plus « centristes » de la primaire de 2011, les candidats tiennent un discours social. L’usure du pouvoir et la désaffection des militants socialistes ont modifiés les enjeux. En 2012, il était davantage question de casser le mur du réel. Aujourd’hui, l’urgence est de remobiliser leur électorat, quitte à verser dans la contradiction. Pour se faire, ils en appellent aux grands esprits de la gauche et s’attaque au nerf de la guerre, le travail. La loi El Khomri est une des plaies béantes de ce mandat. Si, Arnaud Montebourg candidat du travail rejette le revenu universel de base, Jean-Luc Bennahmias (parti démocrate), Benoît Hamon et Manuel Valls le plébiscitent.

Revenu de base à la carte

Selon les programmes, ce revenu est plus ou moins accessible et plus ou moins important. Le « minimum décent » de l’ex-premier ministre, de « 800-850 euros« , est attribué « en fonction de ses ressources, avec toujours le lien sur l’insertion, sur la formation. » Le revenu universel d’existence de Benoît Hamon atteint 750 euros et s’étendrait, à terme, à l’ensemble de la population.

Pour l’économiste Thomas Piketty le revenu de base « exprime une conception au rabais de la justice sociale« . Il préconise des objectifs plus ambitieux « concernant l’ensemble de la répartition des revenus et de la propriété. » Si les avis divergent quant aux méthodes destinées à combattre la précarité, le débat à le mérite d’être poser, trop tard ?

Principe : assurer un revenu ou une allocation de base à toute la population, c’est-à-dire distribuer de la naissance à la mort de chaque individu, quelle que soit sa situation – riche ou pauvre, salarié ou inactif –, une somme d’argent pour assurer ses besoins fondamentaux.

Héléna Berkaoui

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