La question agite la campagne électorale des deux côtés de l’échiquier politique. Défendu par certains, détraqué par d’autres, qu’en est-il de l’avis des Français ?

Recevoir de l’argent sur son compte tous les mois sans lever le petit doigt ? L’idée d’un revenu universel de base pour tous fait son chemin. Le revenu universel de base est une somme d’argent distribuée par l’Etat à tous ses habitants, de la naissance à la mort. Il est attribué sans condition ou contrepartie et cumulable avec d’autres revenus. Une définition plus ou moins vraie selon les candidats à la présidentielle de 2017.

Selon un sondage Odoxa publié le 3 novembre 2016, le revenu universel ne serait ni une « bonne » ni une « juste » mesure pour une majorité de Français, qui estiment qu’il créerait une société d’« assistés ». Pour Delphine, 46 ans, « il n’est pas juste que les très hauts revenus puissent bénéficier de cet argent. Il devrait exister un seuil au delà duquel on ne serait pas éligible ». Odaxa relève également que 67% des Français estiment que cette mesure n’est pas réaliste.

À droite comme à gauche, il y a ses pourfendeurs et ses protecteurs. Vincent Peillon, candidat à la primaire du Parti Socialiste, croit à « la dignité par le travail et dans le travail ». Il veut « une solidarité qui inclut, pas qui exclut ». 62% des Français partagent son avis et pensent que le revenu universel créerait une société d’« assistés ».D’autres, comme Arnaud Montebourg, parlent d’une idée irréalisable. 62% des personnes interrogées jugent que cette mesure éventuelle aurait un coût « exorbitant » pour la société. « C’est une solution pour après-demain parce qu’elle est infaisable. Si vous décidez de verser un revenu universel de 700 et quelques euros, ça coûte l’équivalent de la totalité du budget de l’État » déclarait Montebourg le 3 janvier sur RTL.

Toujours selon le même sondage, 85% des sondés pensent qu’eux-mêmes travailleront « tout de même pour gagner plus d’argent parce qu’ils ne s’imaginent pas ne pas travailler ». Manuel Valls imagine un « revenu décent » de 850 euros par mois attribué sous conditions de ressources. Alors que Benoît Hamon, premier défendeur du revenu universel dans la primaire de la gauche, propose 750 euros par mois sans aucune condition. « Je serai plus à même de créer et de développer mon entreprise » lance Emilie, 24 ans, qui toutefois y trouve un bémol : « le montant est trop élevé, je pense que cela va décourager les gens à travailler ». Plus de la moitié des sondés considère qu’une telle mesure « incitera les Français à ne plus travailler et à se contenter de leur revenu universel ».

Depuis le 1er janvier, la Finlande est le premier pays européen à l’expérimenter. Deux mille demandeurs d’emploi tirés au sort toucheront 560 euros par mois, en remplacement de leur allocation chômage, pendant deux ans. En juin dernier, 76,9% des électeurs Suisses répondaient « non » à l’instauration d’un revenu universel. En France, la question fait encore débat.

Manon Ricou

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *