La belle alliance populaire a donné rendez-vous aux militants socialistes à la Villette, samedi 3 décembre. Reportage.

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La BAP, lancée par le secrétaire général du PS Jean-Christophe Cambadélis en avril dernier, avait vocation à promouvoir le bilan de François Hollande et à rassembler la gauche en vue de sa candidature à la présidentielle de 2017. Coup de théâtre. Jeudi soir, le président annonce qu’il ne briguera pas un second mandat. Les doutes quant à la candidature de Manuel Valls à la primaire de la gauche sont de facto plus tenus. Alors qu’il se murmure que le premier ministre allait annoncer sa candidature ce samedi, Jean-Christophe Cambadélis, par voie de communiqué, a infirmé cette information. Manuel Valls fait partir des absents remarqués de ce rassemblement. Arnaud Montebourg et Benoît Hamon, deux candidats à la primaire de la gauche, non plus ne se sont pas joints au rendez-vous de la belle alliance populaire.

14 heures. La salle de meeting peine à se remplir, selon les organisateurs 3000 militants étaient présents au cours de cette journée. C’est peu quand on sait que des cars gratuits ont été affrété pour l’occasion. Paul, militant venu de Corrèze regrette que François Hollande ait renoncé « Si j’ai tenu à être présent aujourd’hui c’est parce qu’il est temps de se rassembler. Nous devons être fiers de notre bilan » affirme-t-il. Autres son de cloche chez un élu municipal « je crois que le parti va payer pour la déchéance de nationalité et pour la manière dont ils ont fait passer la loi Macron et la loi travail ». Dans la halle attenante au meeting, les stands des micro-partis proche du PS sont boudés des militants. Au stand du mouvement le parti écologiste de François de Rugy, député ex-EELV, un homme pianote sur son ordinateur. À côté, le Front démocrate de Jean-Luc Bennahmias n’attire pas non plus grand monde.

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À la tribune, Marisol Touraine, la ministre de la santé, défend son bilan : « je suis fière d’avoir permis aux français de bénéficier du tiers payant. » Avant de mettre en garde l’assemblée sur le programme de François Fillon. Au fil des interventions, deux ennemis sont désignés: François Fillon et le Front national. Dans son discours, Jean-Christophe Cambadélis somme : « Il faut mettre la gauche au second tour de l’élection présidentielle ! », brandissant la menace d’un 21 avril. De nouveau il appelle le Front de gauche de Jean-Luc Melenchon et Emmanuel Macron à participer à la primaire du 22 et 29 janvier prochain. Voeux pieux ? Ces derniers ont déclarés à plusieurs reprises que cette option n’était tout simplement pas envisageable. La prise de parole du secrétaire général du PS clôt le rassemblement de la BAP. Les journalistes TV font leurs derniers duplex dans la grande hall qui désemplit à vue d’œil. Manuel Valls devrait annoncer sa candidature dans quelques jours. Plus clivant que le président, il risque de raviver les fractures d’un parti considérablement affaibli par cinq ans de pouvoir.

Héléna Berkaoui

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