Débat animé mercredi 26 octobre où la seule femme candidate à la primaire de la droite s’est exprimée à l’université Dauphine.

Un vrai vacarme. Devant l’amphi 8 de Paris-Dauphine (XVIe arrondissement de Paris), une masse humaine s’agglutine en attendant l’ouverture du débat. Affublées de vestes à l’effigie de l’association « Dauphine Discussion Débat » (DDD), trois organisatrices repoussent les plus impatients : « On ouvre dans cinq minutes ! ». Avant de repousser encore l’échéance, parce que « TF1 installe ses caméras ». Anna et Johanna (19 et 20 ans), participantes depuis l’année dernière, décrivent le concept : « L’association a été créée en 2002. On organise des débats toute l’année. L’année dernière on a eu Copé, Dati… Des personnes de tous les bords politiques. Nathalie Kosciusko-Morizet est notre première invitée de cette année. En revanche, on ne soutient pas les candidats, l’association est totalement neutre. Chacun peut avoir son opinion. »

La foule compacte s’engouffre dans l’amphithéâtre pour se trouver des places. Nathalie Kosciusko-Morizet est accueillie par une ovation. Une courte présentation par une étudiante enchaîne les petites blagues et les rappels de ses échecs. S’enchaîne une interview menée par deux membres de DDD, portant sur le programme de la candidate. Tout y passe : son avis sur les « débats inutiles » comme la déchéance de nationalité ou le burkini, son projet de revenu universel, ou encore la lutte contre l’extrémisme religieux. À l’instar de ses rivaux, seul l’intégrisme musulman semble l’inquiéter. Quand les animateurs lui proposent des jeux, NKM s’y prend presque. Quand on lui évoque François Hollande, elle répond : « Je pense qu’il n’a pas d’amis. C’est pour ça qu’il est allé se confier à des journalistes. » Lorsque l’assemblée lui demande pourquoi elle a saisi la Haute Autorité de la primaire suite aux propos de Jean-Frédéric Poisson, elle réplique : « Je ne veux pas que la primaire serve de support à des polémiques. C’est le rôle des candidats de saisir la Haute Autorité si un problème est constaté. »

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Gabrielle, étudiante à Paris-Dauphine et membre des « jeunes avec NKM », estime que « ce débat est un très bon signal, surtout qu’elle a répondu à l’invitation. C’est le signe qu’elle répond à la jeunesse. » La jeune femme s’est vue comblée par « sa personnalité, son côté très pragmatique et le fait qu’elle soit une femme forte dans son temps ». Benjamin – juppéiste – et Antoine – filloniste – , étudiants en deuxième année à Sciences Po, s’accordent, eux, sur ses positions économiques : « Elle s’est démarquée des autres. Je n’ai pas très bien compris le fonctionnement du revenu universel. Je n’ai pas vraiment compris les modalités et les avancées que procurerait le revenu universel [Nathalie Kosciusko-Morizet souhaiterait établir un revenu de base de 470€, ndlr]. Je pense que ses positions économiques amènent de la réflexion dans la primaire. Elle apporte un peu de renouveau. » Toutefois, Antoine ajoute qu’ « elle n’a pas assez insisté sur la sécurité. Les électeurs de droite attendent des réponses en ce qui concerne les moyens de la police. »

Zyandya, Agathe et Clément, trois étudiants en M1 Marketing à Dauphine, ont de leur côté trouvé le discours « agressif » et « pas forcément adapté aux étudiants. » Zyandya « [attendait] une approche plus relaxée, plus de dialogue. » Clément analyse : « Au départ, ils attaquaient pas mal au niveau des questions. Peut-être que ça l’a bloquée et c’est pour ça qu’elle s’est montrée agressive. » Agathe constate une approche très convenue pour une candidate qui met en avant le renouvellement de la société. « Elle dit beaucoup « On est dans une société moderne, c’est en train de changer… » Déjà ils le disent tous, elle le dit beaucoup aussi, mais ce qu’elle propose ne colle pas avec. » Clément, lui, en garde un bon souvenir : « J’avais pas mal de préjugés par rapport à elle, une image assez froide. J’ai une meilleure image après le débat mais… ce ne sera pas ma candidate de prédilection. »

Héléna Berkaoui et Floréane Marinier.

(Crédits photos : Floréane Marinier)

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