Yannick Jadot et Michèle Rivasi, les deux finalistes de la primaire d’Europe Ecologie Les Verts, se départageront le 7 novembre. Retour en cinq points sur un vote passé un peu inaperçu…

Vite fait, mal fait: Éclipsée par la primaire de la droite, affaiblie par les divisions du parti, la primaire des écologistes a du mal à s’imposer dans le paysage politique et médiatique. Mardi 5 juillet, Nicolas Hulot, seule figure vraiment populaire de la mouvance, annonçait qu’il ne se présenterait pas à l’élection présidentielle de 2017. Quatre jours plus tard, le parti EELV improvisait une primaire « ouverte » pour fin octobre. Sans grands moyens. La dette du parti avoisine les 3 millions d’euros et les Verts ont décidé de ne débourser que 20000 euros pour envoyer un candidat à la présidentielle. Une somme dérisoire.

Electeurs, électrices: Cette année est marquée par une absence d’engouement des sympathisants écologistes. Seulement 17000 personnes, adhérentes du parti ou inscrites pour le scrutin, voteront pour désigner le candidat EELV. Tout citoyen français ou étranger résidant sur le territoire français, âgé de plus de 16 ans, pouvait participer, à condition de s’insrire, de payer cinq euros et de signer la charte de la primaire et des ses valeurs. Les participants avaient jusqu’au 17 octobre pour renvoyer leur vote par correspondance pour le premier tour.

Rivaux écolos: Quatre candidats étaient en lice. Durant la campagne, Cécile Duflot, ancienne ministre et députée de Paris, se positionne en tant que favorite du premier tour. Sa grande revendication est l’inscription de l’urgence climatique dans la Constitution. Face à elle, Yannick Jadot, député européen, semble être la menace la plus sérieuse de Duflot. Il veut réconcilier les électeurs avec l’écologie, même si pour lui « il n’y aura pas de président écologiste en 2017 ». La benjamine du scrutin se nomme Karima Delli, députée européenne. Inconnue du public, elle défend une « écologie populaire » et souhaite une sortie du diesel en 5 ans. Et enfin, Michèle Rivasi, députée européenne, s’est qualifiée in extremis (36 élus fédéraux -sur 240- devaient parrainer les candidats ). Elle se présente comme la candidate d’une « écologie qui lie urgence sociale, environnementale et démocratique ».

bulletin_de_vote_-_primaire_de_lecologie_2016

Taratata: Le parti souffre de divisions internes et vient de connaître trois années catastrophiques (sortie du gouvernement de Cécile Duflot, départs de députés et sénateurs, entrée au gouvernement de trois ex-Verts dont Emmanuelle Cosse secrétaire nationale du mouvement). Comme une rengaine, revient également le reproche que Les Verts ne sont pas assez verts. Daniel Boy, politologue et chercheur au Cevipof spécialiste de l’écologie politique, explique que  « le mouvement a toujours eu cette image, à tort ou à raison, d’un parti diviseur, plus porté sur le social que sur l’écologie« . Le sérieux du scrutin est également mise en cause. Le site Le Monde et Buzzfeed ont raconté comment ils ont fait voter respectivement un chat et une figurine de sumotori…

Sortie de Duflot: Mercredi 19 octobre, quelques heures avant les résultats du premier tour, le suspense est total. Et à 19 heures, coup de théâtre l’ultra « favorite » Cécile Duflot se classe en troisième position avec 24,41%. Une claque. Karima Delli arrive quatrième avec 9,82% des voix. Le deuxième tour, qui se tiendra le 7 novembre, se jouera entre Yannick Jadot (35,61%) et Michèle Rivasi (30,16%).

Photos: En Une, à la Bellevilloise. Crédit: Europe Ecologie les Verts / Flickr. Benoît Prieur (Agamitsudo) – CC-BY-SA

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *