À Saint-Prix, dans le Val-d’Oise, sage réunion de soutien à Alain Juppé animée par l’élu parisien Pierre-Yves Bournazel.

Dans la petite salle des fêtes de Saint-Prix, dans le Val-d’Oise, avant la réunion programmée pour 20 heures, un débat anime la petite assemblée déjà réunie. Une quinzaine de personnes, tout au plus. Pourtant, selon Pierre-Yves Bournazel, il s’agit d’un succès : dans cette commune de 7.000 habitants, le ratio est meilleur qu’à la précédente réunion à Argenteuil où… trente personnes sont venues pour 10.000 habitants.

Après un rapide exposé sur le déroulement des élections à venir, l’élu du XVIIIe arrondissement de Paris embraye sur les raisons de voter Alain Juppé – car il est bien « là pour convaincre ». Il évoque sans les nommer les électeurs de gauche fustigés par les sarkozystes : l’objectif est d’« attirer ceux qui sont déçus de François Hollande et ne veulent pas de Marine Le Pen ». À la fin de son discours, il insiste d’ailleurs sur la « mobilisation ». Il se félicite des soutiens des « mairies d’Enghien, Soisy, Montmorency, Argenteuil » parmi d’autres. Plusieurs élus, dont celle d’Epinay-sur-Seine, se trouvent d’ailleurs dans le public.

Du terrorisme aux conflits au Moyen-Orient, en passant par le chômage… C’est un constat terrifiant de la France que dresse Bournazel. Pas de panique car Superman, pardon, Alain Juppé, peut sauver la situation : c’est un « homme d’Etat », un « capitaine qui ne dit pas ce que les gens veulent entendre », obéissant à l’image « gaulliste » et familière de « l’Homme de la nation ». Alors qu’il déballe tout – ou presque – du programme de son candidat, l’assemblée l’écoute sans mot dire.

C’est lorsqu’il conclut que les questions fusent. Un homme, « plutôt centriste », déclare qu’il croit en « l’homme fort » qu’est Juppé mais fait partie de la « masse de votants non-engagés ». Bournazel déclare ne pas vouloir « trumper les Français » (sic.) et en profite pour glisser une pique à Sarkozy : « je ne suis pas gaulois […] je voudrais qu’on évoque les solutions qui rassemblent ». À l’égard du candidat classé deuxième dans les sondages, les critiques n’ont pas manqué : « je ne vais rien vous dire pour vous faire plaisir, je ne suis pas Nicolas Sarkozy ».

Pour Pierre-Yves Bournazel, l'élection n'est "pas jouée et toujours difficile".
Pour Pierre-Yves Bournazel, l’élection n’est « pas jouée et toujours difficile ».

Plus que les régions ou les problèmes de la jeunesse, c’est la question épineuse du cumul des mandats qui trouble l’assemblée. Si Alain Juppé s’est montré « défavorable » sur cette question, il n’a « pas pris position » sur le cumul dans le temps. Pierre-Yves Bournazel se dit « favorable à titre personnel […] On va pouvoir amener de nouvelles personnes, de l’oxygène ». Paradoxal de la part d’une personne qui occupe quatre postes [conseiller de Paris, élu du XVIIIe arrondissement, délégué chargé des JO 2024 et président du fonds de soutien cinéma, ndlr]. Le fait que Juppé ait annoncé qu’il ne ferait qu’un seul mandat pose aussi question: Bournazel rappelle ses « deux mandats consécutifs » en tant que maire de Bordeaux – bilan qu’il estime « très positif ». Il conclut sur « l’identité heureuse », concept cher au candidat. Un « nouveau patriotisme » pourtant inspiré de figures du passé – « Clémenceau, De Gaulle, Mendès-France » – qui vise à « ne pas stigmatiser, ni diviser […] Ce n’est pas un optimisme béat, mais une volonté d’aller de l’avant ». Tout en évoquant des figures antérieures.

Crédits photos : Floréane Marinier.