L’ancien maire de Bordeaux conforte sa position de favori à moins d’un mois du premier tour et, selon l’Ipsos, creuse l’écart avec l’ancien Président de la République. Mais le risque d’erreur, plus élevé pour ce type de consultation, oblige l’institut à adapter ses méthodes et à rester vigilant.

 

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Sondages réalisés par l’institut Ipsos sur les intentions de vote au premier tour de la primaire de la droite et du centre. Infographie Manon Ricou

 

Sept candidats en lice et deux qualifiés pour la prochaine étape. Aujourd’hui, à moins d’un mois du premier tour du scrutin, les sondages désignent Alain Juppé et Nicolas Sarkozy largement en tête du premier tour, et l’ancien premier de Jacques Chirac, vainqueur du second. Des chiffres à prendre comme toujours avec précaution car, dans cette élection inédite à l’électorat mal défini, les instituts doivent faire face à deux difficultés : la représentativité de l’échantillon sélectionné et les profils des sondés.

Selon les estimations, environ 3 millions d’électeurs devraient participer les 20 et 27 novembre à la primaire organisée par le parti Les Républicains, soit 7% des français inscrits sur les listes électorales. Pour avoir un échantillon représentatif des intentions de vote, Ipsos part sur une base de 20.000 personnes inscrites sur les listes électorales. De ce vivier est tiré un sous-échantillon d’environ 1200 individus qui se disent « certains » de participer à la primaire. Mais une marge d’erreur est toujours possible, puisque le 25 octobre, 29% de ce panel avance que son vote peut encore changer.

L’autre difficulté réside dans l’harmonie de cet électorat, compte tenu du peu de différences, sur le fond, entre les candidats à droite. « C’est plus facile de passer d’un vote Fillon à un vote Juppé ou Sarkozy que de passer d’un vote Mélenchon à un vote Juppé. On est sur la même famille politique, c’est logique que la fluidité des intentions de vote soit plus forte », analyse Jean-François Doridot, directeur général d’Ipsos. Mais la première primaire de la droite et du centre est ouverte à tous [lire article: Une primaire qui se rêve exemplaire]. « 10% des électeurs potentiels de la primaire sont de gauche à l’heure actuelle, constate Rémi Lefebvre, professeur de Science Politique. C’est un vote stratégique qui peut être vraisemblable, mais rien ne permet d’être sûr de l’électorat final ». Aujourd’hui, Alain Juppé fait une partie de son avance grâce à des électeurs plutôt à gauche ou au centre. « Le calcul de Nicolas Sarkozy est que seuls les plus radicaux à droite vont se mobiliser », analyse Lefebvre.

Reste que les sondages sont un outil essentiel en matière de communication. Repris en boucle par les médias, ils captent l’attention des électeurs et souvent les incitent à accélérer un mouvement d’opinion (en l’occurrence un vote utile en faveur du leader). Une tendance qui pour l’instant joue en faveur d’Alain Juppé.

Crédit photo: filtran / Flickr

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